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Lettre au ministre Pierre Corbeil, Ministre intérimaire des Ressources Naturelles, Faune et Parcs

Lettre de la Coalition Québec vert Kyoto

mercredi 30 juin 2004, par Daniel Breton


Vendredi 25 juin 2004

À l’attention de M. Pierre Corbeil Ministre intérimaire des Ressources Naturelles, Faune et Parcs 5700, 4e Avenue Ouest, A 308 Charlesbourg (Québec) G1H 6R1

Par télécopie et livraison express

Le réchauffement de la planète ne prend pas de vacances non plus.

M. le Ministre, suite à votre affirmation voulant que la sécurité énergétique ne prenne pas de vacances, nous souhaitons vous rappeler que le réchauffement de la planète n’en prend pas non plus.

Ainsi, les audiences de la Régie de l’Énergie sur le dossier du Suroît sont terminées et cette Régie doit vous donner son avis au plus tard le 30 juin. Peut-être l’avez-vous déjà eu sans que les citoyens du Québec ne le sache car vous pouvez vous payer le luxe de nous le révéler à votre guise, mais comme vous devez vous en douter, cet avis est attendu avec impatience par beaucoup de vos concitoyens. Est-il nécessaire de vous rappeler que plus de 80% des Québécois s’opposent à la construction du Suroît ou que des gens de tous les milieux sont en faveur de solutions alternatives, dont les milieux d’affaires qui sont prêts à investir massivement dans l’éolien ?

C’est pourquoi nous aimerions vous faire part de quelques unes de nos réflexions sur ce dossier.

D’abord, après avoir tenté de le justifier de plusieurs autres façons, la direction d’Hydro-Québec a décidé de parler de sécurité énergétique pour affirmer le bien fondé de la construction du Suroît, comme si toute autre forme de production d’énergie n’était pas énergétiquement sécuritaire ! Mais alors, comment ces pays qui s’alimentent de plus en plus grâce au solaire, à l’éolien ou en investissant dans l’efficacité énergétique font-ils donc ? Sont-ce là de dangereux irresponsables ?

En fait, ces solutions sont supérieures en tous points et apportent, elles, une véritable sécurité :
  Sécurité d’un point de vue écologique : ces solutions sont beaucoup plus vertes et contribuent, elles, à la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution qui auront un impact sur l’avenir de notre planète et à préserver nos rivières.
  Sécurité d’un point de vue économique : elles sont beaucoup plus stables économiquement car si le vent et le soleil sont gratuits et disponibles partout, il en est tout autrement du gaz naturel, ressource que nous ne possédons pas et sur le prix de laquelle nous n’avons aucun contrôle. Lorsqu’on réfléchit aux fluctuations actuelles du prix des énergies fossiles, il y a un risque évident à s’attacher au gaz pour les prochaines décennies.
  Sécurité d’approvisionnement : le vent et le soleil ne s’épuiseront pas, contrairement au gaz naturel.
  Sécurité d’un point de vue des risques : puisque le gouvernement tient à parler de sécurité, il ne faut pas oublier le fait que les solutions que nous vous proposons sont inoffensives contrairement (en ces temps incertains...) à l’aspect potentiellement explosif du gaz naturel, avec tous les risques qu’il comporte.

Bref, parce que la sécurité énergétique doit être assurée, nous vous suggérons fortement de suivre les recommandations qui étaient dans nombre de mémoires (48 des 52 mémoires présentés étant contre le Suroît et apportant des alternatives réalistes et crédibles) qui apportent les réponses et se traduisaient à peu près ainsi :

Investissons dans l’efficacité énergétique, dans les économies d’énergie et les énergies vertes comme l’éolien et ainsi nous pourrons assurer la sécurité énergétique et du même coup lutter contre le réchauffement planétaire, car, comme nous vous le rappelions précédemment, le réchauffement de la planète ne prend pas de vacances...

Nous avons pris bonne note de votre volonté de respecter les vœux des citoyens dans le dossier des référendums sur les défusions. Dans ce contexte, nous vous soulignons que le programme que votre parti a mis de l’avant aux dernières élections, rejette le recours aux centrales thermiques. De plus, les derniers sondages sur la question indiquent une opposition de 80% de la population québécoise au projet du Suroît. Nous osons croire que vous aller aussi respecter, dans le dossier énergétique, la volonté des citoyens.

Daniel Breton
Porte-Parole
Coalition Québec Vert Kyoto
www.quebec-vert-kyoto.org