samedi 13 mars 2004, par Daniel Breton
Mise sur pied spontanément par des citoyennes et des citoyens de toutes origines, la coalition Québec-Vert-Kyoto regroupe des gens qui ont à cœur l’avenir du Québec
et qui, du coup, s’opposent à votre style de gestion.
Cette coalition , très large, est formée de comités de citoyens, de médecins de famille, de partis politiques, de groupes écologistes, d’associations étudiantes, d’artistes, de scientifiques reconnus, et de syndiqués, etc. Bref , il serait réducteur de qualifier la coalition « de groupe d’environnementalistes ».
Il est à mon avis important de rappeler ce fait. Car, puisqu’Hydro-Québec est une société d’état, cela signifie que vous avez, en tant qu’employés de cette société, la responsabilité de servir les intérêts des Québécois. On ne parle pas ici de certains Québécois, mais des Québécois dans leur ensemble. Donc, si les Québécois, en tant qu’employeurs, vous disent clairement qu’ils ne veulent pas de la centrale du Suroît, et plus globalement du développement de la filiale thermique, la logique serait pour vous d’y renoncer.
Selon le sondage de Léger Marketing, 2/3 des gens du Québec sont contre votre projet. Au même moment, 35% se disent favorables à des politiques sérieuses d’économies d’énergie et 53% soutiennent le développement éolien (Il est d’ailleurs intéressant de noter la communauté de pensée entre la coalition et les Québécois )
Réponse à M. Lamarre
Commençons d’abord par les arguments de M. Lamarre.
Je trouve très révélateur que vous intituliez votre article « La sécurité d’abord ». Vous nous dites que la « sécurité » devrait être priorisée avant le reste. N’est-ce pas là jouer sur les peurs des gens, M. Lamarre ? N’est-ce pas là un discours que nous entendons de plus en plus pour justifier des incartades à la démocratie depuis un certain temps ?
Ensuite, je tiens à rappeler à quel point vous êtes impliqué dans le processus du Suroît. C’est vous qui allez probablement construire cette centrale, si ce projet a lieu.
De plus , dans le cadre des audiences du BAPE sur ce projet , c’est vous qui avez fait l’étude d’impact environnemental pour déterminer si le projet serait trop nuisible pour être construit. N’est-ce pas ce cela être juge et partie ? Quelle est donc votre intérêt dans ce dossier ?
Vous avez aussi oublié de mentionner le prix du gaz naturel, qui est une inconnue, mais qui risque d’augmenter vu la rareté croissante. Vous n’avez pas mentionné que la société Hydro-Québec n’a pas respecté ses engagements pris suite au débat public des années 90 sur l’énergie qui les place dans la situation actuelle par leur propre faute.
Vous dites que les gens parlent à tort et à travers du protocole de Kyoto. Vous aussi. Ce que les citoyens disent, c’est qu’ils veulent que l’on participe à la réduction des émissions des GES. Pas qu’on se donne le droit d’en émettre plus parce qu.on était bon avant ! On parle ici d’être des citoyens du monde RESPONSABLES.
Autre argument extraordinaire de votre part et je le cite car il est trop savoureux : « si tel avait été la cas , cela aurait signifié la cessation de toute croissance de l’activité
économique ». Donc la prospérité devrait passer par l’augmentation des GES !
Pourtant, en Europe, des pays cherchent à les diminuer quand même... Selon vous la croissance économique ET la sécurité doivent passer au détriment de notre santé et de notre qualité de vie à tous sur la planète.
Sachant que vous n’êtes pas chaud à l’idée du développement éolien, je vous propose donc de bien lire les excellents articles intitulé : « L’Arabie Saoudite de l’énergie verte » et « Doit-on créer Éole Québec ? » qui font ressortir tout le potentiel que vous semblez ignorer ou vouloir discréditer...
Message à MM. Caillé et Vandal
Messieurs, plusieurs questions se posent :
Pourquoi continuez-vous à faire la promotion de projets qui vont à l’encontre de l’expression des citoyennes et des citoyens du Québec ?
Devrait-on croire que, parce vous considérez avoir raison , le peuple devra, de ce fait, se plier à VOTRE volonté ?
Comment doit-on interpréter vos agissements, si ce n’est que par un manque de respect de la volonté populaire ?
Une argumentation « faible ».
Récemment, vous avez allégué dans les médias que la coalition avait dit aux citoyens de Beauharnois que le niveau de pollution atmosphérique dégagé par la centrale du Suroît serait équivalent aux émissions de 600,000 voitures.
Nous n’avons jamais dit cela.
Ce que nous avons dit aux conseillers et aux gens de cette région(et ils l’ont très bien compris, ne vous en déplaise), c’est que le niveau des émissions de gaz à effet de serre serait de l’ordre de 600,000 voitures de plus sur nos routes et que l’influence
que cela aurait serait d’augmenter le niveau planétaire des émissions de gaz à effet
de serre. Ainsi, plutôt que de diminuer les émissions de G.E.S.afin de nous rapprocher
de l’objectif de Kyoto qui est une diminution de 6% par rapport aux niveaux de 1990, nous les augmenterions.
Par ailleurs, je tiens à répondre à votre argumentation selon laquelle nous allons diminuer les émissions de gaz à effet de serre en opérant des centrales au gaz naturel plutôt que d’importer de l’électricité des Etats-Unis.
Savez-vous ce qu’est un sophisme ? Sophisme(n.m.) :Faux argument qui a quelq ue apparence de vérité et fait de mauvaise foi.
La réalité est toute autre. Si Hydro-Québec en venait à opérer des centrales au gaz naturel plutôt que d’importer de centrales plus polluantes encore, cela aurait comme
résultat que les émissions de gaz à effet de serre augmenteraient peut-être moins , mais augmenteraient tout de même et ce, des deux côtés de la frontières... Ce qui n’est pas la direction que nous voulons prendre afin de respecter le protocole de Kyoto.
Par ailleurs, au niveau local , les émissions de smog (oxyde d’azote , NOx, composés organiques volatiles, COV et matières particulaires) serait équivalents à 10,000 voitures supplémentaires de 7 ans d’âge (plus polluantes que les derniers modèles) et à l’ajout de 3,000 camions lourds, pour la communauté de Beauharnois, qui compte 12,000 habitants.
De plus, comment pourriez-vous prétendre savoir ce que nous avons dit à ces gens puisque n’avez jamais été présents à nos rencontres et que vous n’avez pas daigné les rencontrer vous-même, annulant même à la dernière minute votre réunion avec le conseil de ville, sans jamais y donner suite ?
Malgré cela, vous avez quand même décidé de fixer le début des travaux de cette
centrale pour septembre 2004... Que se passera-t-il donc d’ici septembre pour que vous fassiez changer d’idée les gens de Beauharnois, qui s’y opposent à 80% ?
Allez-vous tenter de les acheter ? Ou les y forcer contre leur gré ?
Une campagne de « charme »
Je voudrais aussi mentionner la campagne de relations publiques que vous avez
entreprise afin de faire en sorte, qu’avec notre argent, vous nous persuadiez que nous devons vous faire confiance. Sachez que les campagnes de relations publiques ponctuelles ne peuvent compenser pour des années de manque de transparence et de respect envers vos employeurs.
En conclusion, notre message est on ne peut plus clair.
Nous nous opposons à votre entêtement à vouloir construire ou opérer quelque centrale polluante que ce soit.
Nous avons l’intention de faire en sorte que les actions de la société Hydro-Québec soit fidèles à notre volonté collective et démocratique de gestion énergétique responsable, qui passe par les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et le développement des énergies vertes els que VOUS vous y êtes engagés en 1996 à la suite du débat public sur l’énergie avant de renier votre signature.
Nous ne laisserons pas nos employés (vous , messieurs) détourner Hydro-Québec de sa mission.
Il semble, ces temps-ci, que nombres de dirigeants de sociétés d’état croient que leur titre les élèvent au-dessus des gens qu’ils sont supposés servir. J’espère que vous saurez vous inspirer du conseil de ville de Beauharnois qui s’est montré, lui, à l’écoute de ses citoyens, car c’est ainsi que doit fonctionner la gestion publique en démocratie.
Sinon, il y a toujours le privé...
Daniel Breton, citoyen
Porte-parole de la coalition Québec-vert-Kyoto