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Rabaska

Greenpeace accuse Paul Desmarais d’abus d’influence

Canoë

mardi 30 octobre 2007, par Virginie Roy

Selon Greenpeace, le gouvernement Charest aurait cédé aux pressions faites par le président du Comité exécutif de Power Corporation du Canada, Paul Desmarais, au sujet du projet de terminal méthanier Rabaska de Lévis. L’accusation a été portée lors d’un discours livré, hier, devant l’Assemblée nationale du Québec au cours d’une manifestation d’opposition au projet Rabaska.

Selon Jocelyn Desjardins, de Greenpeace, la famille Desmarais, la 7e fortune en importance au Canada, aurait donné 165 000 $ au Parti libéral du Québec depuis l’an 2000.

« Tous les membres de la famille, du patriarche aux petits-enfants, ont fait des contributions personnelles aux libéraux. Même le petit-fils de l’ex-premier ministre libéral du Canada, Jean Chrétien a donné 9 000 $ en 3 ans. En ajoutant les membres des conseils d’administration de Power Corporation, la somme gonfle à 285 000 $ », estime M. Desjardins.

Greenpeace ajoute que l’adoption par Québec du projet Rabaska a suivi de seulement neuf jours la fusion entre Gaz de France, partenaire du projet, et Suez, une entreprise des Desmarais.

Il ajoute que « cette fusion a suivi de quelques semaines seulement la visite du président français, Nicolas Sarkozy, au manoir Sagard, appartenant aux Desmarais dans Charlevoix ».

Greenpeace accuse aussi Jean Charest d’aller à l’encontre des principes de l’état de droit. « Ce projet va à l’encontre de la santé environnementale et énergétique du Québec, et à l’encontre de la vie démocratique au Québec », lance Joslyn Higginson, porte-parole de Greenpeace.

L’organisme revendique que le processus d’examen soit refait de façon plus rigoureuse et, surtout, objective. « Nous voulons qu’il soit soumis à la Commission de protection du territoire agricole et à la Régie de l’énergie », demande M. Desjardins.

Greenpeace contradictoire ?

Greenpeace avait pourtant appuyé la Politique de substitution au mazout dévoilé le 1er octobre dernier par le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard.

Il avait même affirmé que l’objectif de conversion de 35 % était trop modeste. Or, le projet Rabaska promet justement de répondre à cette politique.

Malgré tout, Greenpeace garde le cap d’opposition. « Le remplacement du mazout lourd par le gaz naturel peut se faire sans les ports méthaniers. Nous réitérons donc notre forte opposition à l’annonce du gouvernement », réplique M. Higginson.

Cette opposition semble encore plus évidente sachant qu’une étude remise le 24 octobre dernier par le consultant en énergie du Saguenay, Patrick Déry, révèle que la substitution du mazout par le gaz naturelle ne fonctionne tout simplement pas dans un marché libre comme celui du Québec et non règlementé par celui-ci.

Après avoir analysé l’évolution historique de l’usage des combustibles fossiles à l’échelle planétaire, on indique qu’un projet comme Rabaska provoquerait plutôt des hausses de la consommation globale de mazout et de gaz et non pas le remplacement du mazout par le gaz.